Permis accordé pour la porcherie

SIVRY-RANCE - M. Dutron pourra transformer son poulailler en porcherie. Le permis vient de lui être accordé par le ministre Écolo Henry.

Publié le samedi 14 novembre 2009

Deux ans après une première tentative de création d’une porcherie d’engraissement de 1615 porcs, un second projet, pour 1200 porcs, relançait la polémique au coeur du paisible village de Grandrieu.

Dans le premier cas, la levée de bouclier avait poussé la majorité communale à adopter, en mars 2007, une motion en faveur d’une filière porcine liée au sol. La polémique perdurant, un moratoire de quatre ans avait été adopté en septembre 2007, afin de définir d’éventuelles zones d’implantations et de réfléchir avec tous les acteurs concernés au développement de filières alternatives de production.

La seconde demande de permis pour une autre porcherie, rue Plagne à Grandrieu, a été déposée en mai dernier. Là, il s’agit de transformer un poulailler d’engraissement en porcherie sur caillebotis pouvant accueillir 1 084 porcs. Entre les deux dossiers, une CCATM (commission consultative d’aménagement du territoire et de la mobilité) a été installée et a rendu un avis favorable, tout comme les instances régionales concernées. Les opposants, eux, n’avaient pas baissé la garde et avaient à nouveau fait entendre leur voix par le biais d’une pétition.

Mais dans ce cas, divers arguments plaidaient en faveur de l’agriculteur, notamment celui d’une inscription dans une filière wallonne de production dite « de qualité différenciée », labellisée Porc Aubel. Un rapport d’Inter-Environnement Wallonie apportait également de l’eau à son moulin, en soulignant que les installations actuelles permettent d’éviter les problèmes environnementaux connus dans le passé. Enfin, la locale Écolo reconnaissait en juillet dernier que ce projet n’apporterait aucune nuisance olfactive, visuelle ou en terme de charroi, et permettrait à l’agriculteur de diversifier sa production au sein d’une filière 100 % wallonne. Mais elle suggérait aussi une orientation vers le bio, un secteur où l’offre wallonne est insuffisante, et un partenariat avec des infrastructures locales comme l’abattoir de Chimay.

Cet appui tacite a sans doute joué dans la décision d’accorder le permis prise hier, tout autant que la prise de conscience de la nécessité du monde agricole de se diversifier pour sortir du marasme actuel. « Ce permis avait été refusé dans un premier temps (août 2009), explique-t-on au cabinet du ministre Philippe Henry. Mais un dialogue avec l’exploitant a permis de s’assurer que l’ensemble des règles environnementales soient respectées par le projet. »

Des contrôles récents ont également permis de s’assurer de la bonne gestion environnementale de l’exploitation. Enfin dans la décision, ont pesé « l’incidence environnementale mais aussi la nécessité d’assurer un avenir à nos exploitations agricoles. »

Source : lavenir.net